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MACROSCOPE : l'édition du 17 juin

Le thème de la semaine : le calme… avant la tempête ?

 

Les marchés actions terminent sur de modestes hausses une semaine sans grande tendance. Ils ont d’abord nettement progressé, portés par l’accord conclu entre les Etats-Unis et le Mexique. Au cours du week-end dernier, Donald Trump a en effet annoncé via un tweet la suspension de la hausse des droits de douane annoncée quelques semaines plus tôt, après avoir obtenu des engagements du gouvernement mexicain sur le dossier migratoire. Néanmoins, la hausse s’est rapidement essoufflée car des rendez-vous cruciaux sont devant nous et les incertitudes persistent.

La première d’entre elles concerne le conflit commercial sino-américain, alors que le doute persiste sur la tenue d’une rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump lors du prochain G20. Larry Kudlow, conseiller économique de la Maison Blanche, a en effet affirmé que le Président américain attendait toujours que son homologue chinois accepte l’entrevue. Par ailleurs, bien que moins directement que ces dernières semaines, les menaces persistent de part et d’autre. La Chine fourbit ses armes sur la question des « terres rares » : les médias officiels chinois ont suggéré que les produits finis composés de ces matières premières pourraient être inclus dans les restrictions à l’exportation de produits technologiques annoncées en réponse aux attaques contre HUAWEI. Ce sujet est crucial pour les Etats-Unis d’un point de vue économique – le puissant secteur technologique est très dépendant de ces produits – mais également d’un point de vue géostratégique, car les armes les plus sophistiquées de l’arsenal américain reposent essentiellement sur des composants fabriqués à partir de terres rares. De son côté, Donald Trump a réaffirmé que de nombreuses monnaies étaient dévaluées face au dollar, faisant écho aux appels à la Banque Populaire de Chine (PBoC) de ne pas laisser le yuan s’affaiblir au-delà du seuil de 7 yuans pour un dollar. Le responsable de la PBoC, Yi Gang, a laissé entendre que la banque centrale pourrait ne plus défendre le yuan. La tenue d’une rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump lors du G20, et ce qui en ressortira, s’avère donc chaque jour plus cruciale.

Néanmoins, avant le sommet qui se tiendra au Japon les 28 et 29 juin, l’attention se focalisera sur la réunion de la Fed du 19 juin. Après les propos très accommodants tenus par plusieurs de ses membres, notamment de son directeur, Jerome Powell, la banque centrale est attendue au tournant. Si une baisse des taux dès cette réunion n’est pas à l’ordre du jour, les marchés attendent que la communication du FOMC confirme les propos de M. Powell et ouvre la porte à un abaissement des taux directeurs lors de la réunion de juillet. Ce sera probablement le cas, mais les investisseurs devront faire preuve de méfiance. L’absence de mauvaises nouvelles à l’issue du G20, associée à une stabilisation des chiffres macroéconomiques, est un scénario crédible pour les semaines à venir, mais ne constituerait pas un catalyseur majeur pour les marchés. Ce scénario pourrait cependant dissuader la Fed d’agir sur les taux pendant l’été. Nul doute qu’un statu quo serait alors mal reçu par des investisseurs qui ont excessivement anticipé l’action de la banque centrale, tout autant que sa capacité à agir en parfaite adéquation avec l’évolution du cycle économique.

Après la correction du mois de mai, les premières semaines de juin ont vu les marchés rebondir vigoureusement. La tendance est à présent à l’attentisme, face à des échéances susceptibles de provoquer des mouvements significatifs… et d’indiquer la direction des prochains mois.

Telex

 

Stabilisation de la macro…  Une fois n’est pas coutume, la semaine aura délivré des statistiques macroéconomiques globalement encourageantes. En Chine, malgré une nouvelle (mais légère) déception sur la production industrielle, les ventes au détail ont dépassé les attentes. Aux Etats-Unis, l’indice NFIB de confiance des PME s’est repris pour le deuxième mois consécutif, alors qu’il était attendu en recul, tandis que les ventes au détail sont ressorties légèrement meilleures que prévu mais avec une nette révision à la hausse du chiffre du mois précédent.

►  …mais pessimisme sur les taux. Alors que le niveau des taux longs atteint chaque jour des plus bas (le 10 ans allemand a notamment touché un record à -0,27%), le message des marchés de taux pointe de plus en plus vers la probabilité d’une récession. Ainsi, l’indicateur de probabilité de récession de la Fed de New York – qui utilise l’écart entre le taux à 10 ans et le taux à 3 mois – a-t-il atteint 29,6%. Or, historiquement, lorsque cet indicateur dépasse 30%, une récession s’est quasi-systématiquement matérialisée dans les 6 à 12 mois. Ce signal n’a été invalidé qu’en 1965-1966.

Boris après Theresa ? Boris Johnson est arrivé largement en tête du premier tour du vote visant à élire le chef du Parti conservateur britannique, qui succédera également à Theresa May au poste de Premier ministre. Figure de l’aile dure du parti, l’ancien maire de Londres a réitéré à plusieurs reprises son engagement pour une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne à l’issue du délai accordé par l’UE (jusqu’à fin octobre), avec ou sans accord. Son élection augmenterait donc le risque d’un Brexit sans accord.

 

 

Le picking de la semaine

DIASORIN : de nouveaux objectifs

 

L’actu. À l’occasion de sa Journée Investisseurs, le spécialiste des produits destinés au diagnostic in vitro a dévoilé ses objectifs 2022. Des objectifs prudents, dénués de probables opérations de croissance externe.

Notre analyse. Ces objectifs sont légèrement en deçà des attentes du marché, notamment sur la marge d’EBITDA. Celle-ci est attendue stable sur la période, entre 38 et 39% après prise en comptes des impacts favorables de nouvelles normes qui seront partiellement compensées par les pressions sur les prix et des investissements dans la croissance. Le groupe prévoit par ailleurs une croissance moyenne annuelle des ventes d’environ 5 à 9% (« mid to high single digit »), avec un chiffre d’affaires de 889 millions d’euros en 2022. Le flux de trésorerie disponible attendu sur la période est légèrement supérieur aux anticipations, de 700 à 750 millions d’euros, en tenant compte de dépenses d’investissement comprises entre 60 et 75 millions d’euros par an. Ce business plan n’intègre néanmoins pas d’éventuelles opérations de croissance externe, dont la probabilité, notamment sur le marché des tests à proximité du patient, est forte. La situation financière du groupe permettra la distribution de dividendes exceptionnels si ce dernier ne concrétise pas ces opérations.

En conclusion. S’il faudra surveiller, fin 2019, les renouvellements de contrats avec certains grands laboratoires américains, la présentation du plan 2022 est convaincante. Le CEO a notamment insisté sur la vocation de DIASORIN à devenir un spécialiste des tests in vitro, et rassuré sur les développements des tests pour la tuberculose et la maladie de Lyme, en association avec QIAGEN. Nous conservons nos positions dans Echiquier Agenor Mid Cap Europe.

 

Auteurs : Olivier de Berranger, CIO ; Enguerrand Artaz, Fund Manager

 

ISIN Echiquier Agenor Mid Cap Europe A : FR0010321810 – Niveau de risque : 5/7
ISIN Echiquier Agenor Mid Cap Europe I : FR0011188259 – Niveau de risque : 5/7
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