<< Retour aux actualités

MACROSCOPE : l'édition du 18 mars

Le thème de la semaine : échéances repoussées

 

Scénario le plus probable depuis plusieurs semaines, le report du Brexit semble désormais acté. Par trois votes successifs, les députés britanniques ont rejeté une nouvelle fois le projet d’accord de sortie négocié entre Theresa May et l’Union européenne ainsi que l’idée d’un Brexit sans accord, et fini par voter en faveur d’un report de la date de sortie du Royaume-Uni de l’UE, tout en rejetant l’idée d’un nouveau référendum. Plus précisément, les parlementaires ont décidé d’un report jusqu’au 30 juin en cas d’approbation de l’accord de retrait d’ici le 20 mars, et d’un report plus lointain, probablement la fin de l’année, en cas de nouveau rejet.

Bien entendu, il faut encore que les 27 pays membres de l’Union approuvent cette demande de prolongation de l’article 50 à l’unanimité. Les officiels européens ont cependant formulé des déclarations favorables à ce scénario. Ils ont par ailleurs peu à gagner en s’opposant à la demande britannique. Toutefois, les Européens poseront très certainement des conditions dans le cas d’un report long, ce qui limiterait d’autant la marge de négociation du Royaume-Uni lors des futures tractations.

Autre échéance repoussée, celle d’un accord commercial sino-américain. Si, en début de semaine dernière, le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, adoptait un ton plutôt optimiste, estimant n’être plus « qu’à quelques semaines de la conclusion d’un accord », Donald Trump et son secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, se sont montrés moins confiants. Ils ont assuré que, certes, les négociations progressaient bien mais sans être en mesure d’avancer de date de conclusion. Steven Mnuchin a par ailleurs confirmé qu’il n’y aurait pas de nouvelle rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping en mars. Un report qui, contrairement à celui du Brexit, n’est pas très positif pour les investisseurs puisqu’il nourrit l’incertitude. Néanmoins, vendredi, l’agence de presse Chine Nouvelle rapportait que Steven Mnuchin et Robert Lighthizer s’étaient entretenus au téléphone avec Liu He, le vice-Premier ministre chinois, et que des « progrès substantiels » avaient été accomplis. De quoi rassurer les marchés.

Les actions profitent de ces nouvelles pour signer une nouvelle semaine de nette hausse. Pour autant, les chiffres économiques terminent en demi-teinte, en particulier aux Etats-Unis et en Chine. Côté américain, les ventes au détail et les commandes de biens durables ont dépassé les attentes en janvier, mais l’Empire Manufacturing (indice de confiance dans l’activité industrielle dans l’Etat de New-York), la production industrielle et les chiffres d’inflation ont déçu. Autant de raison qui, aux yeux des investisseurs, plaident en faveur du maintien d’une position accommodante de la Fed. Côté chinois, les indicateurs mensuels de février sont ressortis en ligne avec les attentes mais la production industrielle est ressortie en-dessous. Le Premier ministre Li Keqiang a cependant rassuré les investisseurs en promettant d’importantes mesures politiques en faveur de la croissance.

C’est probablement d’Europe que sont venues les meilleures nouvelles, avec notamment une production industrielle ressortie supérieure aux attentes. Et bien que l’équilibre reste fragile, on a le sentiment que le potentiel de mauvaises surprises a enfin été consommé sur le Vieux Continent, et que toute amélioration de la conjoncture macroéconomique est susceptible de constituer un nouveau catalyseur pour les marchés. A fortiori si le Brexit est repoussé à la fin de l’année.

 

Telex

 

►  Point d’inflexion ? La production a rebondi plus que prévu en janvier en zone euro, progressant de 1,4%, contre 1,0% attendu. Elle reste néanmoins en recul de -1,1% sur un an (contre -2,1% attendu). Ce résultat, en dépit du recul de la production allemande, est satisfaisant et s’explique notamment par le net rebond de la production d’énergie, en hausse de 2,4% sur le mois et de 4,0% sur un an. On notera également la reprise italienne, avec une production industrielle en hausse de 1,7% sur le mois.

 

►  Nouveau front ? Le Parlement européen a rejeté un texte portant sur l’ouverture de « pourparlers commerciaux avec les Etats-Unis », sur lequel il était interrogé de manière consultative. Un coup dur pour la Commission et les Etats membres qui comptaient sur ce soutien. Donald Trump s’est empressé d’avertir à nouveau l’Europe : « Ils négocient. Sinon, nous prendrons des mesures qui seront bonnes pour les Etats-Unis ». Alors que les négociations avec la Chine progressent, le Président américain pourrait-il s’engager sur un nouveau front dans le conflit commercial ?

 

►   Calme plat sur les prix. Toujours aussi peu d’animation sur le front de l’inflation, des deux côtés de l’Atlantique. En zone euro, les prix à la consommation n’ont progressé que de 0,3% sur le mois de février, un résultat en ligne avec les attentes. Sur un an, ils n’augmentent que de 1,5%, et même de seulement 1,0% hors énergie et alimentation (inflation sous-jacente). Aux Etats-Unis, les chiffres de février sont ressortis en-dessous des estimations, avec une inflation sous-jacente à +0,1% (contre +0,2% attendu) et les prix à la consommation ont progressé de 1,5% sur un an (contre 1,6% attendu). Sur un an, l’inflation sous-jacente ressort à +2,1% contre +2,2% estimé. Les prix à la production ont également progressé plus modestement qu’anticipé, de +0,1% en février (contre +0,2% attendu).

 

 

Le picking de la semaine

DUFRY repart sur de meilleures bases

 

L’actu. Les chiffres publiés par le leader mondial du duty-free témoignent d’une amélioration de la croissance organique. Une information de nature à rassurer les investisseurs après deux années décevantes.

Notre analyse. Les chiffres du 4e trimestre 2018 sont conformes aux attentes, qui avaient été revues à la baisse après des résultats décevants le trimestre précédent. Après plusieurs mois de ralentissement, la croissance organique s’est améliorée. Elle a atteint +1,8%, une progression tirée par l’Asie. Le message est confiant pour la nouvelle année, qui signe une croissance de +3% sur les deux premiers mois – un résultat dans la lignée des publications du dernier trimestre 2018. DUFRY vise une croissance organique annuelle de 3 à 4%, un objectif qui, bien qu’en-deçà des performances passées, reste réaliste et en ligne avec le potentiel de la société après deux années décevantes. Compte tenu de la croissance structurelle du transport aérien, DUFRY devrait être en mesure de retrouver une croissance organique de ses ventes de 5 à 6%. L’aspect le plus positif de ces chiffres émane de la génération de flux de trésorerie disponible, qui s’établit à 371 millions CHF. Ces chiffres viennent rassurer les investisseurs à l’heure où le titre est valorisé à 10 fois son PE 2019, contre une moyenne de 17 fois au cours des 10 dernières années.

En conclusion. Si nous pensons que le titre DUFRY ne pourra retrouver ses niveaux historiques de multiples, notamment à cause d’un levier opérationnel limité, son potentiel d’appréciation reste néanmoins important. La société organise une Journée Investisseurs le 15 mai, au cours de laquelle elle présentera ses objectifs moyen terme. Nous conservons nos positions dans Echiquier Agressor.
Auteurs : Olivier de Berranger, CIO ; Enguerrand Artaz, Fund Manager

ISIN Echiquier Agressor : FR0010321802 – Niveau de risque : 5/7
ISIN Echiquier Agressor I : FR0011188150 – Niveau de risque : 5/7
Les valeurs citées sont données à titre d’exemple. Ni leur présence dans les portefeuilles gérés, ni leur performance ne sont garanties. Les fonds présentent un risque de perte en capital. Ce document ne présente pas de caractère contractuel. Il ne peut être remis à des tiers qu’avec l’accord préalable de La Financière de l’Echiquier. Les informations sont fournies à partir des meilleures sources en notre possession. Ces informations et ce document ne sont pas constitutifs d’un conseil en investissement. Pour plus d’informations sur les fonds présentés, nous vous invitons à vous référer au prospectus disponible sur simple demande auprès de la société de gestion au +33.(0)1.47.23.90.90 ou à contacter votre interlocuteur habituel.